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Texte (1867)
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LES PROMENADES DE PARIS.

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Raymond Déranger, comte de Provence, Arnauld Catelan ou Catalan, l'un des plus renommés parmiles poètes ambulants. Ses fabliaux, ses rondels, ses lais d'amour, étaient dans toutes les bouches. Le bruitde sa renommée parvint jusqu'à Philippe le Bel, roi de France. Désirant ramener à sa cour, attristéepar des drames domestiques, quelque gaieté et le goût des belles-lettres, Philippe le Bel fit demanderaBéatrix de Savoie de lui envoyer Catelan, auquel il promit en même temps de beaux avantages. Catelanaccepta et se mit en route. Il arriva à Paris, suivi d'un serviteur. Philippe le Bel se trouvait alors à sonmanoir de Passy. La forêt de Rouvray, qu'il fallait traverser pour se rendre à cette résidence, était infestéede malfaiteurs de la capitale, qui y venaient chercher un refuge. Averti de l'arrivée de Catelan, Philippe le Bel,pour lui éviter toute mauvaise rencontre, envoya au-devant de lui une escorte de sa garde. Catelanapportait avec lui un petit coffret, renfermant des présents adressés à Philippe le Bel par Béatrix deSavoie. Durant le trajet, il eut l'imprudence de faire connaître la mission dont il était chargé. Persuadé quece coffret renfermait des objets d'un grand prix, le chef de l'escorte s'entendit avec les hommes qu'ilcommandait. Ils égarèrent Catelan dans la forêt, et le massacrèrent, avec son domestique, à l'endroits'élève la pyramide qui porte son nom (Fig. 63). Puis, rentrés au château, ils répandirent le bruit qu'ilsn'avaient rencontré personne.

Mais leur crime ne tarda pas à être découvert. Le coffret que Catelan apportait ?» Philippe le Bel, aulieu de présents d'or et d'argent, ne contenait que des essences de parfums et des élixirs, produit de la courélégante de Savoie. Les soldats s'enivrèrent avec ces liqueurs, le chef de l'escorte se parfuma avec ces essences.Ni les uns ni les autres ne purent indiquer la provenance de ces objets. La vérité fut bientôt connue. Outréde fureur à cette nouvelle, Philippe le Bel fit brûler vif le chef de l'escorte et ses soldats; et, pour honorerla mémoire de Catelan, il ordonna d'élever une croix au lieu s'était accompli ce drame sanglant. Auxvu e siècle, cette croix aurait été remplacée par la pyramide actuelle.

§ II. Hippodrome et Tribunes de Longchamps l .

Concession de l'Hippodrome. La ville de Paris a concédé à la Société d'encoura-gement pour l'amélioration des races de chevaux en France, connue sous le nom de Société du Jockey-Club,l'Hippodrome établi, aux frais de la ville, dans la plaine de Longchamps, et dont les tra\aux ont été décritsdans la première partie de cet ouvrage.

L'Hippodrome comprend deux pistes figurées sur le plan général du Bois; l'une de 2,000 mètres,tracée dans la plaine; l'autre de 3,000 mètres, qui emprunte la première piste sur une partie de sonparcours, et qui s'en écarte pour y revenir, et descendre la butte qui relie la plaine au Bois, près del'ancien cimetière de Boulogne.

Cette concession, réglée par un arrêté préfectoral du 24 juin 1856, a une durée de cinquanteannées. Les preneurs étaient tenus de construire des tribunes, conformes aux projets approuvés parl'administration, ainsi que toutes les autres dépendances d'un champ de courses. Ils étaient tenus, enoutre, de payer à la ville de Paris une redevance annuelle de 12,000 francs, à partir du moment de

1. Voir les gravures sur acier : Perspective et Plan général. Tribune impériale. Tribunes réservées.Tribunes publiques.