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Texte (1867)
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LES PROMENADES DE PARIS.

dans ses plantations, lit édifier, en 1530, au retour de sa captivité en Espagne, le château et le parc de Madrid.Successivement habité par lui, par Henri II et Diane de Poitiers, par Charles IX, par Henri III, par Henri IV,par Catherine de Médicis, par Louis XIII, par Louis XIV, par Louis XV et par Louis XVI, ce château, dontla construction est attribuée au Primatice, fut aliéné par l'Etat en 1793. Les merveilles artistiques qu'ilcontenait ont complètement disparu, à l'exception de quelques faïences des Délia Robia. Le parc a été divisé,et il est réuni, en partie, au bois de Boulogne actuel.

Comme soutenir historique se rattachant au bois de Boulogne, on peut citer encore le château de laMuette 1 , à Pass>, transformé par le Régent, au commencement du xvm e siècle, et résidence favorite de laduchesse de Berry, de Louis XV, de Marie-Antoinette; le Ranelagh, construit, avec l'assentiment de cetteprincesse, sur le modèle d'un établissement semblable, qu'un pair d'Irlande, nommé Ranelagh, avait fait éleverà Chelsea, près de Londres; le délicieux parc de Bagatelle, à Neuilly, créé par M Ue de Charolais, et qui devintplus tard la promenade de prédilection de la duchesse de Berry et des enfants de France. Bagatelle appartientaujourd'hui à un pair d'Angleterre. Embelli de nouveau par son propriétaire actuel, ce parc forme une délicieuseretraite, au milieu du bois de Boulogne qui l'enveloppe de toutes parts.

C'est à Louis XIV que le bois de Boulogne dut les premiers règlements qui ont assuré sa conservation.Un édit de 1679, en vigueur jusqu'à la révolution de 1789, en fixa l'aménagement.

Nos troubles civils furent funestes au bois de Boulogne. Les agréments qu'on y trouvait autrefois avaientdisparu, et il était devenu, vers la fin du siècle dernier, le refuge des vagabonds et des gens de mauvaise vie.

Napoléon 1 er ne pouvait oublier le bois de Boulogne dans l'œuvre de restauration qu'il avait entreprise.Par son ordre, une transformation générale s'opéra. Les arbres qui gênaient la circulation furent abattus; denombreuses allées s'ouvrirent; les plantations reçurent aussi de notables améliorations. On ajouta au chêne,dans toutes les parties du sol qui ne convenaient pas à cette essence, le hêtre, le bouleau, le charme, l'érable,et plusieurs espèces de la famille des arbres à feuilles persistantes. On organisa enfin, dans le Bois, unpersonnel de gardes forestiers, chargés de veiller à sa conservation.

Le bois de Boulogne devait ressentir le contre-coup des malheurs qui s'appesantirent sur la France,en 1814 et en 1815. Occupé par les armées ennemies, il subit alors une véritable dévastation. La majeurepartie des chênes séculaires, dont quelques \estiges subsistent encore du côté de la mare d'Auteuil, fut abattue;et, après le départ des troupes étrangères, il fallut couper à blanc le Bois presque tout entier. Quelques partiesseulement, a ers la porte Maillot, près d'Auteuil, autour de la Croix-Catelan, et aux em irons de Boulogne,avaient été préservées de cette destruction.

La Restauration tenta de réparer ces actes de vandalisme, et continua l'œuvre de l'Empereur. On lui doit

l'introduction dans le Bois du marronnier et du sorbier des oiseaux, et l'établissement des pépinièreset des collections, qui ont été d'un si grand secours pour les derniers travaux exécutés dans cette

promenade.

Sous le règne de Louis-Philippe, le bois de Boulogne fut également l'objet de soins nombreux, notammenten ce qui concerne les pépinières, les collections, et les semis d'essences résineuses. L'affluence des promeneurs,devenue plus considérable par le développement de la richesse dans toutes les classes de la société, nécessita,à cette époque, l'empierrement, très-imparfait d'ailleurs, d'un petit nombre de routes.

En 1841, la loi des fortifications fit perdre au bois de Boulogne une importante lisière. Elle en

1. Ce nom de la Muette provient d'un pavillon de rendez-vous de chasse bâti par François l' r , au môme endroit, et qui fut ainsiappelé, parce que l'on y déposait les bois que les cerfs perdent tous les ans, à l'époque de leur mue.