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Texte (1867)
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LVIII
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MHMH

MM

LVIII

INTRODUCTION.

dans les perspeclivcs; car, autant que possible, on ne doit avoir sous les yeux que la partie l'on se promène. Pourrestreindre ces surfaces arides, on fait leur jonction dans des massifs de verdure, qui masquent les parties latérales.

Étant donné un certain nombre de points de vue déterminés à l'avance, le tracé des allées doit être exécuté de manièreà diriger le promeneur vers ces points, en suivant des lignes légèrement circulaires. 11 est bon que ces lignes présentent unmouvement continu, sans brisures, ni retours multipliés. L'élégance des contours est un indice de la maturité des idées et del'excellence du plan. On n'emploie guère la ligne droite dans les jardins irréguliers, parce qu'elle ne s'harmonise pas avec lesondulations des vallées. La ligne droite est agréable sur une surface plane, horizontale, ou inclinée; mais elle est d'un mauvaiseffet sur les surfaces ondulées, qui la font paraître brisée, parce qu'elle accuse trop ces inégalités. Pour suivre les mouvementsdes rampes et pour contourner les obstacles, la courbe a toute la souplesse désirable; elle se prête mieux à surmonter les diffi-cultés, et elle permet de dérober plus aisément à l'œil les surfaces arides, que sa direction sinueuse fait disparaître derrièredes rideaux de verdure.

11 faut éviter les lignes serpentantes, et ne les admettre qu'autant qu'elles sont justifiées par la nécessité : par exemple,si elles suivent les sinuosités d'une rivière, d'une pièce d'eau; ou si elles servent à franchir des déclivités un peu fortes,et à contourner un obstacle inévitable.

Dans les pelouses, il est indispensable de tenir les allées un peu enfoncées, ou de relever légèrement le gazon sur leursbords, de manière qu'à une certaine distance la zone sablée disparaisse sous la verdure, et que les promeneurs semblentmarcher sur l'herbe. Le tracé des allées exige beaucoup de soin. Leurs contours, formant des lignes très-pures, doivent se détachernettement sur le gazon; il faut éviter les contre-courbes, qui prolongent la vue des parties sablées et font réapparaître l'alléedans une direction inverse, ou tout au moins tâcher de masquer ce retour. L'allée doit se diriger vers le point à atteindre, parun mouvement continu; car incliner à droite, après s'être dirigé vers la gauche, sans cause apparente, indique un certaindésordre d'esprit, comme si le but à atteindre était indéterminé. La même remarque s'applique aux allées s'embranchant a angledroit. Ces brusques déviations semblent inspirées par une réflexion subite, qui ramène le promeneur dans une directionimprévue ou oubliée. C'est un défaut de logique, qui s'accuse par un effet désagréable et incommode pour le promeneur,obligé d'opérer un mouvement de conversion qui rompt la direction primitive.

11 faut que le paysage change d'aspect à mesure que l'on se déplace c'est encore une raison qui doit faire proscrire aligne droite dans les jardins pittoresques, indépendamment de tous les autres motifs qui imposent son abandon. La ligne courbeforce le promeneur à se déplacer latéralement, et la ligne de vue est toujours tangenlielle à la courbe de l'allée; parconséquent, le tableau change constamment d'aspect durant la promenade. Le tracé d'une allée ne doit donc jamais êtreparallèle à l'axe d'une ligne perspective, à moins qu'on ne veuille prolonger la durée de la vision dans une même direction.Dans un jardin particulier, le réseau des allées est en quelque sorte concentrique; les voies qui sont situées sur les pointséloignés doivent toujours ramener le promeneur vers les parties centrales ou vers l'habitation. Ordinairement on établit, prèsdes limites de l'enceinte, une voie circulaire à laquelle se rattachent les voies secondaires.

Les allées ont des dimensions variables. Quelques-unes doivent être assez spacieuses pour recevoir des voitures, non-seulement en vue de la promenade, mais encore pour l'entretien du domaine, le transport des arbres, des récoltes et des engrais, etc.Elles doivent avoir au moins h mètres de largeur. Les allées ordinaires, qui ne sont pas destinées à la circulation desvoitures, ont habituellement 2", 50 à 3 mètres de largeur, permettant à quatre personnes d'y circuler de front. Les pluspetites peuvent être réduites à l'".50.

Pour rendre plus intelligibles les observations qui précèdent, nous avons réuni les dessins de quelques-uns des parcs lesplus célèbres exécutés en Angleterre et en Allemagne. Les différences de composition que présentent ces ouvrages s'expli-quent aussi bien par la nature particulière des climats que par les tendances artistiques de la nation.

Nous citerons le Parc de Slowe, dans le Buckinghamshire (Fig G3*). Ce parc, exécuté par Kent et Brown, a joui autrefoisd'une grande célébrité. Le Parc du Palais de Sydenham, près de Londres (Fig. 96*), et celui de Dirkenhead, près deLiverpool (Fig. 100*), créés par Paxton. RcrjenCs Park (Fig. 101*), par John Nash et Nesfield; Ilyde Park (Fig. 101*); VictoriaPark (Fig. 103*), lialtersea Park (Fig. 99*). Ces parcs publics sont situés dans la ville de Londres. Ces deux derniers ont étécréés il y a quelques années par John Gibson. Le Parc de Muskau, situé près de Breslau, en Silésie, créé par le PrincePùckler-Muskau (Fig. 95*). Le Jardin anglais, à Munich, dessiné par Louis Sckell (Fig. 97*). Le Parc Impérial de Laxen-bourg, près de Vienne (Fig. 98*) et le Jardin Flora, à Cologne, par Lenné (Fig. 102*).

XIV. PARCS ET PROMENADES DES VILLES. A Londres, les jardins publics sont des parcs peu boisés(Fig. 101% 103*, 101* ), traversés de rares allées. Sur les pelouses, semées de bouquets d'arbres, paissent des troupeaux devaches et de moutons. Ces parcs sont placés au centre de la ville, et ont une assez grande étendue. Leur aspect est assezsimple, comparativement à nos promenades parisiennes. Ces pelouses découvertes, peut se rassembler un public nombreux,conviennent au climat d'Angleterre. Elles seraient moins commodes en France, et impossibles dans le Midi.

Les jardins publics diffèrent un peu des jardins particuliers. Ils contiennent plus d'allées; celles-ci sont plus larges,afin de suffire à la circulation, en sens inverse, d'un grand nombre de personnes; enfin leur tracé est plus divergent,parce que l'accès d'une promenade a presque toujours lieu par plusieurs issues. Il est également utile de ménager, entreles plantations des espaces plus étendus, pour que la vue soit peu masquée; car il faut compter, parmi les agréments d'unparc, l'animation que produisent les groupes des promeneurs. Il est nécessaire, en outre, que la surveillance puisse s'y faire