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Texte (1867)
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PROMENADES DES VILLES.

LIX

aisément, afin d'éviter les dégâts causés par les enfants on des personnes peu scrupuleuses. On doit y ménager beaucoup destations, garnies de sièges, pour qu'il soit possible de se reposer à l'ombre, et de jouir de l'aspect des points de vue.

Si la population qui fréquente les petits jardins, ou squares, est très-nombreuse, il est bon de les planter en quinconces,comme le sont les squares des Arts-et-Méliers, de la Réunion 1 . On a ainsi suffisamment d'ombrage, et de l'espace libre pourles jeux des enfants.

Les Champs-Elysées sont un spécimen de ce qu'il convient de faire pour une grande promenade publique. Ils offrent, àla fois, de l'espace pour les promeneurs, et de grands arbres touffus pour les ombrager; les lignes de plantations régulièresservent de cadre aux parties agrestes, et forment des avenues spacieuses; des fleurs, des massifs d'élégants arbustes, despelouses vallonnées, ornées de plantes rares qui récréent les yeux, des cafés-concerts cachés dans la verdure, des jeux, desfontaines jaillissantes, y forment un décor harmonieux. Le soir, l'ensemble est largement illuminé. La foule qui se pressedans les bosquets, la musique, la voix des chanteurs, le murmure des eaux, donnent à cette charmante promenadeun air féerique 2 .

Les jardins publics, les voies larges et plantées, l'air circule librement, sont absolument nécessaires dans l'intérieur desgrandes villes, sous le rapport de la salubrité. Plus la science progresse, plus les hommes sont attentifs à réaliser les meilleuresconditions hygiéniques, au dedans et aux abords des habitations. Cela est indispensable, surtout en ce qui concerne lespopulations des villes. A l'origine, les villes se sont développées sans plan, sans prévoyance, au hasard. Aucune des précautionsles plus élémentaires ne présidait à la construction des voies publiques; aucune méthode pour l'évacuation des eaux pluvialesou ménagères, pour l'enlèvement des immondices, pour la ventilation, pour l'aérage des maisons. Quant à la circulation, elles'établissait tant bien que mal, d'une manière à peu près suffisante pour une société peu active, dans des rues étroites,sinueuses, obscures, mal pavées ou sans nulle trace de pavage. Mais depuis longtemps, même dans les localités lespopulations sont le moins adonnées au travail industriel, les rues et les ruelles sont devenues insuffisantes, et les largesvoies ont été imposées par le développement énorme de la circulation moderne. Elles ont été plantées, autant pour donner del'agrément que pour introduire dans les villes un élément de salubrité. Ces avenues, sont disposés des bancs invitant au repos,le passant trouve de l'ombre pendant l'été, sont encore trop peu nombreuses, môme à Paris, qui a pris l'initiative de cesaméliorations et donné l'exemple de la transformation des vieilles cités, non en réalisant des œuvres de fantaisie et de vainfaste comme dans l'antiquité, mais en appliquant les conquêtes de la science et de l'art à la viabilité et à la salubrité de lagrande cité.

1. Voir les Plans gravés sur Acier : Squares des Arts et Métiers, de la Réunion.

2. Voir le Plan gravé sur Acier : Champs-Elysées.

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