TRACÉ DES JARDINS IRRÉGULIERS.
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les rives par des talus très-ouverts. Les rives ne doivent être non plus ni trop parallèles, ni trop rapprochées. Dans les courbes,elles doivent présenter un plan d'eau plus large. Enfin, dans les parties découvertes, il faut rendre visibles le plus possible cesclairs miroirs, où se réfléchissent si agréablement les arbres et le ciel.
Quand il est nécessaire d'avoir recours à des chutes, il faut éviter de les faire trop rapprochées et équidistantes. Afin derendre moins apparent cet inconvénient, quelquefois difficile à éviter, on dissimule les chutes dans la verdure, parmi desbouquets d'arbres ou des touffes de grands roseaux. Les pièces d'eau, placées dans des endroits découverts, doivent avoir leplus d'étendue possible. Les contours de leurs rives, toujours justifiés par les mouvements du bassin qui les contient, sont
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Fig. 102*. — Jardin Flora, à Cologne, dessiné par Lenné, exécuté et modifié par J. Niepraschk en 18G3.
1. Entrée principale.
2. Jet d'eau.
3. Jardin d'hiver.
4. Kiosque à musique.
5. Machine à vapeur.
6. Bassin.
7. Aquarium d'eau douce 12. Tente. 17. Serres. 22. Serre chaude. 27. Habitation des jardi-
ct de mer. 13. Dépendances. 18. Orangerie. 23. Culture de conifères. niers.
8. Cascades. 14. Magasin de charbon. 19. Rocher. 2î. Gloriette. 28. École d'horticulture.
9. Charmilles. 15. Lieux. 20. Entrée de l'Aquarium 2D. Kiosque. 29. Serres.
10. Temple de Lysicrate. 10. Calorie de communi- en été. 20. Habitation du direc- 30. Jardin fruitier.
11. Véranda. cation. 21. Bassin de Neptune. teur.
d'autant plus agréables que leurs lignes sont d'un dessin plus simple. On doit éviter les découpures multipliées, lesencaissements trop profonds; et ce dont il se faut garder sur toutes choses, c'est d'établir le niveau des eaux au-dessus despelouses et des allées voisines.
Dans les parties boisées, les pièces d'eau peuvent n'avoir qu'une étendue restreinte. Les eaux, encadrées de grands arbres,ont un air de mystère rempli de charme.
Enfin, il importe de disposer les plantations, aux abords d'une pièce d'eau, de telle sorte que le spectateur n'en puisseembrasser d'un coup d'œil toute l'étendue. Au moyen d'îles boisées et de massifs plantés sur les bords, l'on peut toujours donnerà une nappe d'eau une apparence de grandeur indéterminée qui la fera paraître beaucoup plus vaste qu'elle n'est en réalité.
On fait assez souvent usage, pour décorer les sources ou les chutes d'eau, de rocaillages artificiels (voir les Figures 24à 27, 29, 30, 216, 217, 296, 297, 298, 310, 311, 312). Pour donner à ces maçonneries un aspect satisfaisant, il fautbeaucoup d'expérience. Après avoir étudié, sur leur lieu d'origine, le mode de stratification des roches que l'on veut employerou imiter, il faut avoir soin de proportionner les détails à la masse et d'éviter les refouillements trop multipliés. L'affec-tation du pittoresque est le défaut ordinaire de ces sortes de compositions, dont la réussite est très-difficile. Aussi con-vient-il de revêtir les rochers de plantes grimpantes, qui dissimulent les défectuosités, qui raccordent les lignes tropheurtées, et en fassent disparaître les maigreurs et la sécheresse. Dans telle localité, les rochers doivent avoir le môme carac-tère géologique, et quand on exécute un motif d'une certaine importance, il faut faire pressentir l'œuvre principale par desaffleurements, qui prêtent aux environs une physionomie en rapport avec cette construction pittoresque.
Nous avons blâmé l'abus qui a été fait, au siècle dernier, des fabriques, des ruines et autres excentricités. Les jardinsen étaient encombrés ; et tout ce fatras était peu séduisant. Certes, on ne doit pas s'en tenir, pour l'ornementation d'un jardin,à l'emploi des arbres et des fleurs. Les œuvres de l'architecture et de la sculpture sont charmantes dans un paysage, quandleur emplacement est judicieux et qu'elles ont une destination sérieuse. Qu'il s'agisse de ponts pour franchir des rivières oudes ravins, de salles de repos, de volières, etc., on doit éviter les fausses apparences. Que tous ces petits édifices soient