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Texte (1867)
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XI
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JARDINS DU MOYEN AGE.

XI

Description bien obscure et un peu emphatique. En voici une autre plus complète :

« Du temps de Charles V,, tous les jardins royaux consistaient pour l'ordinaire en prés, qu'on appelait des préaux, ou vignes, et« en tonnelles. Les prés et chaque jardin étaient environnés de haies, couvertes de treilles, enlassées, et couchées en manière de« losange, qui font les tonnelles (Fig. 22*, 23*); et ces tonnelles tenaient par les deux bouts à des pavillons faits de même qu'elles, et« non-seulement à chaque coin des préaux et des jardins il y avait des pavillons, mais encore au milieu, et même d'autres tonnelles« qui les traversaient et les divisaient en compartiments : dans les prés venait du foin qu'on fauchait quelquefois. Les vignes étaient

Fig. 8*. Château et Jardin de Montargis (d'après Du Cerceau, 1576).

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Fig. 9*.Parterre et Labyrinthe du Château de Caillou (d'après Du Cerceau, 1576).

« plantées au bout du grand jardin, souvent dans le parc, et qu'on cultivait si bien qu'il s'en recueillait d'assés bon vin« tous les ans. Les pavillons étaient ronds - ou carrés, ou l'un et l'autre alternativement. Par dedans, tout autour, étaient« des sièges de gazon, rehaussés sur des marchepieds de même ; les treilles qui les environnaient finissaient en créneaux ou en« fleurs de lis. Les créneaux aboutissaient en tabernacles, à peu près comme un clocher couronné d'une grosse pomme, et d'« sortait une girouette peinte des armes de France. Quant aux losanges des treilles, d'ordinaire elles étaient remplies de« fleurs de lis, et quelquefois pliées (sic), de sorte qu'elles représentaient les armes de France, celles des enfants de France et des« princes du sang.

« Au milieu d'un jardin, souvent au lieu de préau se voyait une fontaine dans un bassin de pierre ou de marbre, qui jetait« de l'eau par la gueule d'un lion ou de quelque autre bête farouche.

« Charles V fit semer tous ses jardins de violiers, de courges, de choux, de romarin, de marjolaine, de sauges, de giroflées, de« fraisiers, de lavande, de rosiers, de pourpier, de laitue et de poirée. 11 fit planter à l'hôtel Saint-Paul cinq quarterons de cerisiers, à« cinq sols le cent, qui donnèrent commencement au jardin des Cerisiers, autrement dit le préau ou jardin de la Cerisaie.

« Au môme hôtel Saint-Paul, en 1398, Charles VI fit planter dans le jardin du Champ-au-Plàtre trois cents gerbes de rosiers blancs« et rouges, trois quarterons de Bourdelais (raisin), trois cent soixante-quinze Gouais Marets (raisin), trois cents oignons de lys, trois« cents flambes, cent quinze entes de poiriers, cent pommiers communs, douze pommiers de Paradis, un millier de cerisiers, cent« cinquante pruniers, et huit lauriers verts achetés sur le pont au Change.

« En 1431, le duc de Bedfort fit labourer à la charrue le jardin de l'hôtel des Tournelles, qui contenait vingt arpents environ; et,« l'année suivante, il y planta des risiers blancs, du romarin, des figuiers; de plus quatre entes de poiriers et de pommiers, trente« et un houx, trente-six cormiers, trente-huit merisiers, guigniers et coigniers; soixante et quinze cerisiers et néfliers avec deux« cents épines. Outre cela il fit ouvrir mille neuf cents toises de tranchées, de deux pieds de large sur autant de profondeur, pour y