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Texte (1867)
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INTRODUCTION.

faisaient l'étalage de leurs richesses. Non-seulement on y élevait des statues aux dieux ou aux empereurs, mais on y bâtissait destemples. Cette profusion de marbre, de bronze et d'or donnait aux jardins un aspect magnifique. Les tracés étaient ordonnés defaçon à faire valoir toute cette pompe. Un parc naturel eût paru trop pauvre d'aspect. On créait de larges avenues ombragées deplatanes, de belles pelouses de gazon encadrées de fleurs, des massifs de lauriers, de cytises, de myrtes, d'orangers. On élevait desterrasses, rattachées par des escaliers de marbre, bordées de balustrades, ornées de fontaines; des promenoirs l'on se réchauffaitau soleil en hiver, l'on trouvait de l'ombre en été, des arènes pour la lutte ou les jeux; on ménageait de longues percées les œuvres les plus délicates de la sculpture et de l'architecture étaient distribuées régulièrement, de manière à formerd'agréables perspectives. Les jardins des Romains étaient ordinairement réguliers, mais non symétriques. Le plan des habitationsse disposait suivant les convenances de l'exposition, ou de la distribution des services intérieurs. Les masses de la construction,les lignes décoratives ne se raccordaient pas suivant des périmètres ou des prolils inflexibles. Cette élasticité dans l'ordonnancedes bâtiments se retrouvait dans les lignes du jardin, lesquelles aboutissaient aux issues principales, sans se faire une règle deconserver la symétrie du tracé.

Fis. 7*

Jardin du Palais d'Été à Pékin.

VII. JARDINS DU MOYEN AGE. Les jardins, au moyen âge, ne méritent guère d'être considérés comme des créationsartistiques.

On lit dans Sauvai : « Cbildebcrt, roi de Paris, et Ultrogothe, sa femme, avaient un beau jardin à Paris, même il« croissait du grain; surtout il y avait des roses qui sentaient si bon, que Fortunat, évoque de Poitiers, les compare aux roses« du paradis.

« De plus, il était peint de toutes sortes de fleurs; on s'y promenait à l'ombre sous des berceaux couverts de treilles,« chargées de verjus; des pommiers, entés delà propre main de Childebert, qui n'avait pas moins de passion pour l'agriculture« que Cyrus, étaient encore une des admirations de Fortunat, qui ne saurait s'empêcher de le témoigner et de se jouer dessus.

« La plupart des auteurs, au reste, qui ont écrit de Paris, prétendent que ce jardin tenait au palais se tient le Parlement.

« Du Peiral, qui n'est pas de cet avis, veut qu'il était au Pré-aux-Clercs ; mais enfin les plus judicieux prétendent et assurent« qu'il était dans l'Université près l'hôtel de Cluni et les ruines du palais des Thermes bâti par les Romains. « »

On lit dans un vieil auteur, à propos des jardins du monastère de Solignac, fondé par saint Éloi hors de Limoges :

« Un mur en terre, de près de dix stades de circuit et qui était surmonté d'une haie vive, servait d'enceinte à l'abbaye. Une très-

< belle rivière traversait l'enclos, et au centre se dressait une haute montagne couverte d'arbres et couronnée de rochers escarpés;

< 1 œil n'apercevait que bois touffus et cèdres plantés au bord des eaux : c'était en quelque sorte un paradis arrosé par un fleuve, etc. »

i. Salval, Histoire cl anliqailez de la ville de Paris, tome II, livre vu, page 28^.

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