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Texte (1867)
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IX
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JARDINS ROMAINS.

IX

Non-seulement les artistes romains usèrent des tracés réguliers, mais ils taillèrent les arbres, et leur donnèrent les formescorrectes du jardin français du xvn c siècle. Ce résultat est très-logique. Les lignes de verdure, placées dans le voisinage de l'archi-tecture, doivent être rectifiées. Mais, si le principe est bon, on ne larde guère à l'exagérer et à réaliser des formes étrangèresà la végétation. Les branches doivent former des berceaux, des arcades, des surfaces planes; et, peu à peu, on est entraîné à donneraux arbres la rectitude d'aspect qui convient à la pierre. On taille l'arbuste en cylindre, en sphère, en pyramide; on lui donneenfin les silhouettes les plus capricieuses, jusqu'à l'apparence des animaux ou de la figure humaine. Les Romains tombèrent dansce travers, comme les artistes des xvn' et xvm e siècles en France.

Cependant le mauvais goût ne fut pas général, et, au dire de M. Alexandre de Laborde, il y eut certainement beaucoup d'exceptionsdignes d'éloges.

« Leurs ouvrages sont pleins de louanges des beautés irrégulières qui entouraient les habitations et en faisaient le principal charme.« C'étaient partout des grottes couvertes de mousses et de violettes, et des antres sauvages ornés de guirlandes de vigne et de lierre,« des ruisseau* coulant à travers des bosquets rafraîchis par le vent, des bois épais, des lacs d'eau vive, et surtout ces lieux de délices« nommés nymphéas, qui réunissaient la clarté et la fraîcheur des eaux et la grandeur des arbres. »

Fig. 6*. Jardin du Palais d'Eté à Pékin.

11 convient d'observer que ces beautés naturelles n'étaient que des détails; l'ensemble n'avait aucune ressemblance avecun jardin pittoresque.

11 y eut plusieurs grands jardins à Rome. Les principaux étaient ceux de Pompée, de César, de Salluste, de Mécénas, d'Agrippinc,de Marcien, de Galba, de Gela, d'Héliogabale. Mais l'œuvre la plus extraordinaire, la plus vaste de cette époque, fut la villa Hadrienne,à Tibur.

« Tous les monuments que le prince avait observés dans ses A'oyages, tous les beaux sites qu'il s'était plu à parcourir étaient« restés gravés dans sa mémoire; et, de retour dans la capitale du monde, il entreprit de les reproduire tous dans une immense étendue« de terrain, et de réunir ainsi les merveilles des arts et celles de l'univers. Cette grande conception s'exécuta; la villa Hadrienne« en renferme encore de nos jours de pompeux débris. étaient le portique d'Athènes, le gymnase et les jardins de l'Académie;« on voyait les temples de l'Egypte, près des coteaux de la Thessalie. Dans un vallon coulait le Pénée, et plus loin paraissait l'image des« Champs-Elysées. Tels étaient les véritables produits des anciens, et non point ces parterres chargés d'ornements puérils qui« plaisaient à quelques individus. »

Les villas, les maisons de plaisance étaient entourées de jardins vastes et somptueux. Déjà, sous Tibère, Caïus et Claude, etmôme sous la République, l'excessive étendue des villas en Italie nuisait à l'agriculture. La ville de Rome était obligée de tirerses blés de l'Egypte et des colonies africaines. On cultivait dans ces jardins des primeurs et des fruits exotiques; mais ilsétaient surtout destinés à la promenade et aux jouissances de la vie intime. A l'époque la civilisation romaine atteignit sonapogée, en ces temps de luxe extravagant, les jardins furent ornés des plus belles œuvres de l'art. Les grands personnages y

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