IV
INTRODUCTION.
« militaires, étaient fort simples et de peu d'étendue. Mais, quand elles se trouvaient dans des provinces éloignées de la capitale de l'empire,« elles étaient très-spacieuses. Les villas des personnages riches, d'ordinaire placées sur les rives du Nil, avaient également des dimensions« considérables. Souvent elles étaient précédées de pylônes analogues à ceux plantés en avant des temples et des palais. Leurs bâtiments« étaient décorés avec magnificence; mais elles étaient surtout remarquables par les belles plantations de leurs jardins, et leurs vastes pièces« d'eau, leurs bosquets, leurs kiosques à balcons et leurs berceaux de vigne. Comme chez les Romains, la ferme et les greniers étaient« dans les dépendances immédiates de la villa, et étaient clos par une muraille particulière '. »
Les jardins des villas, si richement décorées, devaient contenir une grande quantité d'arbres à fruit, d'autant que les figuiers, lespalmiers, les dattiers, les grenadiers, les orangers et autres arbres à fruit de l'Egypte, sont remarquables par leur feuillage et leur élégance.
Les grandes avenues dallées, qui précédaient l'entrée des temples, souvent décorées de statues de divinités, étaient plantées d'arbres,tels que palmiers, sycomores, figuiers, etc. Celle de Karnac, qui avait deux kilomètres de longueur, était ornée, à droite et à gauche, dedouze cents sphinx et de cent seize béliers sculptés en granit. Les enceintes des temples, les voies conduisant aux tombeaux, les bordsdes canaux d'irrigation, devaient être également ombragés par des plantations.
Dans les jardins, comme dans les monuments, la forme générique était la ligne droite. Cette forme a dû s'offrir tout d'abordà l'esprit des artistes ; car c'est elle qui contraste le plus avec la nature libre. Une allée droite, plantée d'arbres espacés également,produit un bel effet perspectif, analogue à une colonnade; la voûte de verdure est à la fois gracieuse et majestueuse. C'est aussi ladisposition la plus commode pour la promenade, pour le passage des cavaliers et pour la circulation des chars. Le tracé en ligne droiteavait pour conséquence l'aplanissement du terrain, dont les ondulations eussent nui à l'effet perspectif. Enfin ces lignes rigides seraccordaient avec l'architecture sévère et rectangulaire des monuments de l'art égyptien.
Fig. 2*. — Plan d'une Maison égyptienne.
A. Porche extérieur.
B. Première cour.
C. Pavillon de réception.
D. Seconde cour plantée d'arbres.
E. j Avenues transversales sur lesquelles s'ouvrent.G. ( quatre séries d'appartements a colonnades.N. Salon d'été.
F. Porte do derrière.
Quand, par la pensée, en face des ruines superbes que ce peuple a laissées comme témoignage de sa puissance et de son intelligenceartistique, on restaure ces nobles monuments couverts de sculpture, entièrement peints de couleurs vives, ces pylônes ornés de mâtsoù flottaient des banderoles, ces belles avenues bordées de colosses de granit coloriés et portant des ornements de bronze ou d'or,ces maisons d'une architecture gracieuse, ces jardins aux longues avenues où se développait une végétation luxuriante, ornés destatues de divinités, de chapelles, d'autels, ces pièces d'eau où croissaient les lotus, le long desquels se promenaient les ibis et lescigognes, où flottaient de charmantes barques peintes et dorées, aux voiles de pourpre brodées d'arabesques et d'hiéroglyphes, avecleur mât terminé en forme de fleur; quand on se figure cette population active, aux traits fins et bronzés, vêtue de costumes élégants,parcourant ces fières cités aujourd'hui disparues, on est comme ébloui de toutes ces richesses, qui devaient faire d'une ville d'Egypteun ensemble harmonieux d'un grand caractère artistique.
IV. JARDINS GRECS. — tes jardins que les Grecs établissaient autour de leurs villas, où ils aimaient à se retirer pour se délasserdes affaires publiques, devaient être plantés dans le style régulier. Leur architecture, sans ressembler à celle des Égyptiens, et d'uncaractère moins symétrique, était ordonnée d'après les mômes principes. Les colonnades, les portiques étaient en usage, chez ceux-cicomme chez ceux-là. On devait retrouver, dans les jardins grecs, les avenues, les plantations en quinconce, les tapis verts taillés
1. Bûtissier. Histoire de l'Arl monumental.