VE720varier par des terminaisons,tantôt masculines & tantôtféminines. Mais dépouillernos Vers de la rime, c'estcomme qui dépouilleroit lesVers Grecs & Latins desDactules, des Spondées, &d'autres mesures pareilles.Or s'il est vrai, comme onn'en sçauroit douter, quece seroit anéantir la PoesieLatine, il en seroit de mêmede la nôtre, si on la privoitde cette méchanique harmonieuse, qui a de touttemps charmé les oreillesdes François, ainsi qu'il pa-roît par leurs Ballades,leurs rondeaux & leurs au-tres Piéces à rimes redou-blées. Voyez Rime, Versification.Vers Tautogrammes, sontceux dont tous les motscommencent par la mêmelettre: travail futile & insi-pide, que le gout a bannide notre Poésie.VERSCURING (Henry)Peintre, né à Gorcum en1627, mort en 1690. Il en-tia, a l'âge de huit ans,chez un Peintre de Portraitsqui demeuroit à Gorcum;il quitta ce Maître pouraller à Utrecht, sous ladiscipline de Jean Bot; &de cette Ecole il passa àRome, pour y faire uneétude plus sérieuse de son
VEArt. Son goût le portoit àpeindre des Animaux, desChasses & des Batailles; iltouchoit fort bien le Paysa-ge, & sçavoit l'orner debelles fabriques. Henrysuivit l'Armée des Etatsen 1672; il fit une étudede tous ses divers Cam-pemens, de ce qui sepasse dans les Armées,dans les Déroutes, dans lesRetraites, dans les Com-bats, & il tira de ces con-noissances, les sujets ordi-naires de ses Tableaux; ilentendoit aussi à peindreles Chevaux de toute natu-re ; il avoit un génie vif &facile, il mettoit un grandfeu dans ses compositions,il varioit, à l'infini, lesobjets ; ses figures ont dumouvement & de l'expres-sion ; & il rendoit très-bienla Nature. Ce Peintre étoittoujours muni de papier &de crayon, pour dessinertout ce qui le frappoit. L'A-mour qu'il avoit pour laPeinture, lui fit trouver sondélaſſement dans ſon occu-pation. Ce Peintre étoit engrande réputation, nonseulement pour ses talens,mais encore pour son esprit& pour ses mœurs. On luiproposa d'occuper une placede Magistrature dans sa Pa-trie, honneur qu'il n'acceptaqu'après
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