VEsyllabes, ceux de onze syl-labes sont defectueux ; il yen a de dix, rarement deneuf, on en voit commu-nément de huit, de sept,de six, de cinq, de quatre,quelquefois de trois, &même de deux.Les Vers Alexandrins,sont les Vers de douze syl-labes. On prétend qu'ilsdoivent ce nom à Alexan-dre de Paris, un de nosvieux Poétes qui s'en servitle premier ; ou a un Poémequi eut pour sujet l'Histoired'Alexandre le Grand, danslequel on employa avec suc-cès cette sorte de Vers. Ilssont encore appellés grandsVers, ou Vers héroïques.Voyez Cesure.Vers Communs. On nom-moit ainsi les Vers de dix &de onze syllabes, qui étoientautrefois d'usage dans lesPoémes héroïques. VoyezCesure.On a quelquefois nomméDissyllaves, les Vers com-posés de dix syllabes; maiscette dénomination, contraire à l'étymologie, doitêtre employée seulementpour désigner des Vers dedeux syllabes.Vers libres, ou Poésielibre. On appelle ainsi unPoéme où l'on fait entrerdes Vers de différentes me-
VE715ſures, & dans lesquels leretour fréquent des mêmesconsonances, devient un a-grément, loin d'être un dé-faut ; pourvû qu'il n'y aitpas de suite plus de deuxrimes masculines ou fémi-nines. On met ordinaire-ment en Vers libres, les Su-jets susceptibles d'un stilesimple & familier, commeles Fables, les Contes, lesEpigrammes, &c. & lesmorceaux faits pour êtrechantés, tels que les Can-tates, les Opéra. VoyezRimes entremêlées.On a voulu introduiredans notre Poésie, des Verssuivant les regles de la ver-fification Grecque & Latine,mais la plûpart des mots denotre Langue, n'ont pointla quantité de leurs syllabes.assez marquée, pour que cetessai réussit.VERS BLANCS. On ap-pelle ainsi une espece deVers sans rime, que quel-ques Auteurs ont voulu in-troduire dans notre langue.Ils proposoient de substitueraux Vers rimés, un certainarrangement de syllabes,en nombre égal à celui denos Vers ordinaires, donttout l'art consistoit à choisirdes expressions nobles &harmonicuses, à leur don-ner un air poétique, & à les