M U464rent au secours de la voix;& par leur variété, leurétendue, la continuité deleurs sous, ils la soutinrent& l'embellirent, en quelquesorte, en lui fournissant uneame & une expression quisemblent lui manquer lors.qu'elle est seule. Rien n'é-toit plus digne d'occuper laMusique que les louangesde Dieu; mais les hommesla firent encore servir àflatter leurs sens & à exciterleurs passions. Il n'y a pointde Nations qui n'aient étésensibles à la Musique; ellea, en tout temps, délassél'homme dans ses péniblestravaux ; elle a toujoursajoûté à sa joie & à ses plai-sirs; elle a même été em-ployée pour exciter l'ardeurmartial dans le cœur desCombartans.On sçait que la Musiquefaisoit, chez les Grecs, unepartie de l'éducation : c'estune question, s'il faut en-tendre à la lettre les merveilles que les Anciens rap-portent de leur Mu$ique, &s'il est vrai qu'elle dominoitsi souverainement sur lespassions, qu'un habile Mu-ficien pouvoit, à son gré,porter ses Auditeurs auxplus funestes excès de la fu-reur, & calmer ensuite lesmouvemens impétueux de
MUleur ame, en changeant demode, & jouant des Airs.doux & gracieux. Dans cet-te supposition, leur Musi-que etoit bien supérieure àla nôtre? Mais qui peutprononcer sur une matiereoù il paroit beaucoup d'e-xagération de la part desAuteurs ? D'ailleurs, nousn'avons aucuns morceauxde la Musique ancienne quenous puissions compareravec la moderne : il paroîtmême que les Anciens ontgnoré le Contrepoint ; cequi seroit un titre incontes-table de présérence pour lamoderne. Une des proprié-tés de la Musique qui nedoit pas être omise, estqu'une personne morduepar une Araignée qu'onnomme Tarentule, peutêtre guérie, ou du moins,très soulagée de son mal parson secoursEn France, la Musique eut,de foibles commencemensvers le ſeptiéme ſiécle, pa-rurent les Jongleurs, ouMusiciens, qui se joignantaux Trouveres, alloient deProvince en Province di-vertir les Princes, les unspar le chant, les autres parle son des Instrumens, dela vielle, de la flute, &de la guitare.La Musique sur, pendantplusieurs