MUplusieurs siécles, froide &languissante; mais elle re-prit vigueur sous François I,le Protecteur des Sciences& des Arts. Enfin sousLouis XIV le célebre Lullymit le sceau à la gloire dela Musique Françoise. Cebel Art acquiert encore denos jours un nouvel éclat,par la maniere sçavante &ingénieuse dont il est trai-té par nos célebres Compo-fiteurs.MUTIAN (Jerôme);Peintre, né au territoire deBresse, dans la Lombardieen 1528, mort à Rome en1590. Mutian apprit lespremiers principes de sonArt, à Bresse sous JérômeRomaenini; mais étant ar-tivé à Venise, la vûe desChefs-d'œuvre dont lesgrands Maîtres ont décoré.cette Ville, & ceux du Ti-tien en particulier, firentsur lui la plus vive im-pression. Il dessina aussi d'après l'Antique, & se fitune maniere de peindreexcellente. Ses Tableaux.étoient fort recherchés :les Cardinaux d'Este &Farnese, l'occuperent beau-coup. Le Pape GregoireXIII avoit aussi une grandeestime pour le Mutian; ille chargea de faire les car-tons de sa Chapelle, & lui
MU465commanda plusieurs Ta-bleaux. Cet illustre Artiste,voulant signaler son zelepour la Peinture, par quel-que établissement considéra-ble, se servir du crédit queſon mérite lui donnoit au-près de Sa Sainteté, pourfonder à Rome l'Académiede Saint Luc, dont il fut leChef, & que Sixte V con-firma par un Bref. Le Mu-tian étoit fort habile dansl'Histoire, mais il s'adonnaParticuliérement au Paysa-ge, & au Portrait. Ce Pein-tre avoir un grand goût deDessein ; il donnoit unebelle expression à ses têtes.& finissoit beaucoup sesOuvrages: on reconnoît,à son coloris, l'étude qu'ilfit d'après le Titien. Il nePeignoit jamais de prati-que ; il touchoit le Pay-sage dans la maniere del'Ecole Flamande, supé-rieure en ce genre, aux Ita-liens. On remarque que cePeintre choisissoit le Cha-taignier préférablement àtout autre arbre, dont lesbranches avoient, selonlui, quelque chose de pit-toresque. Ses Desseins arrê-tés à la plume, & lavés aubistre, ou à l'encre de laChine, se font admirer parla correction du trait,par l'expression des figures,