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Dictionnaire Portatif Des Beaux-Arts, Ou Abrege De Ce Qui Concerne l'Architecture, la Sculpture, la Peinture, la Gravure, la Poésie & la Musique : Avec La définition de ces Arts, l'explication des Termes & des choses qui leur appartiennent ; Ensemble Les noms, la date de la naissance & de la mort, ...
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GUfait, en un jour, un grandTableau avec les figures. Ondistingue trois manieresdans les Ouvrages de cePeintre; la premiere est sé-che; la seconde, qui estla meilleure, approche decelle du Lorrain; elle estsimple, vraie & très-pi-quante; ſa derniere manie-re est vague, cependantagréable. Ce Maître étoitd'un caractere liant, uni,& très-cujoué. Ses princi-paux Ouvrages sont à Ro-me. Le Roi a deux beauxPaysages de sa main. LeGuaspre a gravé quelquesmorceaux à l'eau-forte. Ona aussi gravé d'après lui.GUERCHIN (Jean-Francois Barbieri da Cento, ditle), Peintre, à Centoprès de Bologne, en 1590,mort en 1666. Le surnomde Guercino, ou de Guer-chin, lui fut donné parce.qu'il était louche. Une Vier-re qu'il peignit, à l'âge dedix ans, sur la façade desa maison, fit connoître.ses talens. Il étudia d'abordsous des Peintres médio.cres, mais depuis, il entradans l'Ecole des Carraches.La vûe des Ouvragesdes grands Maîtres, &son genie, le firent mar-cher à grands pas dans lechemin de la gloire. Ce

GU313Peintre établit en 1616.une Académie ; ce qui luiattira un grand nombred'Eleves de toutes les par-ties de l'Europe, & c'estpour eux qu'il fit le Livre àdessiner, gravé par OlivierGatti. Trois Cardinaux l'é-tant venu voir, le Guer-chin les retint à manger, &les fit servir avec un grandcérémonial, par douze deses Eleves les mieux faits,& les plus polis. La ReineChristine de Suéde, honoraaussi le Guerchin de sa visi-te. Cette illustre Princessepleine d'amour & de véné-ration pour les grands ta-lens, tendit la main auGuerchin & prit la sienne;voulant, disoit-elle, tou-cher une main qui opéroitdes merveilles. Le Roi deFrance offrit à ce célebreArtiste la place de son pre-mier Peintre ; mais il s'enexcusa sur ce qu'il avoit re-fusé le même avantage duRoi d'Angleterre. Ce Pein-tre n'aimoit point le détaildes affaires domestiques ;son frere qui prenoit soinde sa maison, étant mort,il tomba dans une inquié-tude qui lui fit abandonnerquelque temps la Peinture.Le Duc de Modene ayantappris sa résolution, le re-tira dans son Palais, & ra-Xij