ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 273bien qu'il e$toit $orti d'une condition fort pauANDREDEL SARTE.vre & fort miserable, pour entrer dans un estatcommode & plein de bonheur. Un des premierstableaux qu'il fit fut le portrait du Dauphin quiestoit né depuis peu de mois, & qui estoit enco-re dans les langes : il le presenta au Roy, quipour marque de l'e$time qu'il en fai$oit, luy fitun preſent conſiderable.Aprés cela, il acheva une * Charité qui plut beau-* Ce tableauest dans lecoup à ce Monarque, qui ne $e la$$oit point de cabinet deSa Majesté.luy faire du bien, ta$chant de l'obliger $ans ce$$epar de nouvelles graces, à travailler toûjours avecplus de plaiſir.Aussi estoit-il fort content des bienfaits duRoy, & des care$$es de tous les principaux Sei-gneurs qui prenoient plai$ir à le voir peindre &a l'entretenir, parce qu'il e$toit fort agreable &fort civil, ne manquant jamais de témoigner sareconnoissance des faveurs qu'il recevoit.Et certes, s'il eust toûjours eû devant les yeuxl'e$tat pre$ent de $a fortune, & qu'il n'eu$t pointoublié les mauvaiſes années qu'il avoit pa$$ées enItalie, il seroit demeuré le reste de ses jours enFrance, où il auroit aquis beaucoup de bien &d'honneur. Mais comme dans la pro$perité onperd aiſément le ſouvenir des miſeres paſſées ; auſſiparmi les douceurs que la fortune luy fai$oit gou$-ter, il ne songea pas à conserver sa faveur, & àprévoir ſes diſgraces.Car un jour comme il travailloit à faire unI. Tome.Mm
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