ANDREDIL SARTE
272 II. ENTRETIEN SUR LES VIESme il eût ordre de faire encore quelques tableauxpour le Roy, il en acheva un où il repre$enta uneVierge qu'on envoya en France. Le Roy en futfort $atisfait ; ce qui donna occa$ion à quelqu'unqui sçavoit bien la disposition où estoit Andréde faire entendre à ce Prince que s'il vouloit onpourroit le faire venir en France : ce que Sa Ma-je$té agréa volontiers, & commanda qu'on luyfi$t donner les cho$es nece$$aires pour $on voyage.André apprit cette nouvelle avec d'autant plusde joye, qu encore qu'il travailla$t beaucoup chezluy, il n'estoit pas bien payé de ses tableaux. Ainsiil crut qu'estant appellé par un Roy liberal &magnifique, & dans un païs où l'on traite les é-trangers avec estime & civilité, il y seroit receûavec honneur, & trouveroit moyen de mettreſa famille à ſon aiſe.Ayant donné ordre à ses affaires domestiquesil partit de Florence, & se rendit à la Cour. Il n'yfut pas sitost arrivé, qu'il receût de François I. desmarques de sa liberalité. On luy meubla un lo-gement, on pourveût à sa dépense & à ses autresbesoins : les Tresoriers luy compterent de l'ar-gent : le Roy luy-me$me donna ordre qu'il neluy manqua$t rien ; & ain$i il n'avoit d'autre $oinque celuy de travailler.Il commença donc de peindre ; & se voyantfavoriſé du Roy, & careſſé de tous les Grands dela Cour, qui ne manquent jamais d'applaudir àceux qui $ont bien auprés du Prince, il connutbien
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