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Tom. 1 (1685)
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180
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180 II. ENTRETIEN SUR LES VIESPINTERIC euſt beaucoup d'amour pour l'or : & je ne m'é-CHIO-tonne plus qu'il prit tant de plai$ir à le voir bril-ler dans ses ouvrages, où il y avoit sans douteplus de riche$$e que de $cience ; car il e$t bienrare qu'un homme qui aime $i fort les biens de laterre, ait autant de passion pour les biens de l'es-prit.Je n'ignore pas, luy repartis-je, qu'il ne soitdifficile d'avoir deux grandes pa$$ions à la fois, &qu'il ne faille que celle qui nous doit porter àdevenir $çavans, commande à toutes les autresmais je sçay bien aussi qu'il n'y a gueres de per-$onnes exemptes de l'amour des riche$$es, & quebien des hommes les recherchent pour eux-me$mes, dans le temps qu'ils en$eignent aux autresà les fuir, & à les mépriser. Néanmoins je vaisvous faire voir que s'il y a eû des Peintres capa-bles de $e faire mourir par avarice, il y en a eûd'a$$ez jaloux de leur gloire, pour mourir $eule-ment de la douleur qu'ils ont eûë, lors qu'ils ontcru que leur réputation e$toit diminuée par cel-le d'un autre.FRANGIA.FRANÇOIS FRANCIA de Bologne fut unde ceux-cy. Quoy-qu'il eu$t une nai$$ance fortmediocre, il avoit néanmoins l'ame belle, & lessentimens généreux. D'abord il apprit à travail-ler d'orfevrerie, & à peindre d'émail sur les mé-taux. Ensuite il se mit à graver des coins pourfaire des medailles, à quoy il réussit si bien, qu'ilse rendit un des plus recommandables en cét art.