156II. ENTRETIEN SUR LES VIESJIAN& une asnesse, le visage tourné du costé de la queuëGENTIIqu'ils luy donnerent en main au lieu de brideBELLIN.& en cét e$tat la promenerent par toute la vil-le. Mais une $i haute in$olence ne demeura paslong-temps impunie : car l'Empereur ju$tementirrité de l'affront fait à sa femme, les ayant a$$ie-gez, & forcez de se rendre, rasa leur ville jus-ques aux fondemens, & à peine épargna-t-il lesEgli$es. Ain$i ces mi$erables peuples furent con-traints de s'enfuir comme des vagabonds, & re-gardant avec larmes la de$olation de leur villereconnurent la grandeur de leur faute, par l'excésde leur chaſtiment.Et parce que Frederic ne crut pas pouvoir ré-parer l'injure faite à l'Imperatrice, qu'en couvrantd'opprobre & d'infamie la memoire de ces peu-ples, il fit labourer la ville par des bœufs, com-me un champ de terre, où par indignation il fitKrantzius lib. semer du sel au lieu de bled. Il y a mesme des6. hist. Sax.Auteurs qui ont écrit qu'aprés tout cela, ceuxqui furent pris ne purent $auver leur vie, qu'àcette condition honteuse, qu'ils tireroient avecles dents une figue du derriere de l'aſneſſe ſurlaquelle ils avoient mis l'Imperatrice ; & il y eneût qui aimerent mieux ſouffrir la mort, qu unesi grande ignominie. C'est de là qu'est venucette sorte d'injure qui se pratique encore au-jourd'huy parmi les Italiens, lors qu'en $e mon-trant un doigt entre deux autres, ils $e di$ent parmocquerie, Voilà la figue. Néanmoins de la ma-
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