Druckschrift 
Tom. 1 (1685)
Entstehung
Seite
155
Einzelbild herunterladen
 

ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 155JEAN &niere les guerres & les desordres ont renversé toutGENTILce qu'elle avoit receû autrefois de grand & de BELLIN.magnifique ; je ne puis que je ne déplore ses mal-heurs & ses disgraces, & que je ne regrette cequ'elle a perdu dans la de$truction & le boulever-sement de tant de Palais & de villes entieres, oùnous eu$$ions pû voir encore aujourd'huy des mar-ques de l'ancienne grandeur Romaine.Car ce fut au commencement de ce ſchiſmeque Milan fut ra$ée par l'Empereur Frederic, &cette ville $i pui$$ante & $i riche qui commandoità tous ses voisins, fut détruite de fond en com-ble. Il eſt vray que la grandeur de ſa fortune &l'excés de ses prosperitez l'avoient renduë si inso-lente, qu'elle traitait toutes les autres villes avecmépris ; & que l'orgueil de ses habitans avoit déjadonné $ujet à l'Empereur de leur faire la guerre& de les cha$tier par de grands tributs qu'il leurimposa, aprés les avoir défaits proche le lac d'Ise, &contrants de souffrir sa domination, l'an 1160.Cependant au lieu de devenir plus ſages parles maux qu'ils avoient endurez, le déplaisir de sevoir privez de leur ancienne liberté entretenoitdans leurs cœurs une ſi forte haine contre Frederic, qu'un jour l'Imperatrice sa femme ayant eûla curio$ité d'aller a Milan pour voir cette villesi fameuse, les reſſentimens du peuple ſe réveil-lerent de telle $orte dans leur ame, & toute laville s'émeût d'une $i horrible maniere contre cet-te Princesse ; que l'ayant prise, ils la mirent sur1