ANDREDEL CASTAGNO.
II. ENTRETIEN SUR LES VIE148qua pas d'augmenter l'envie de leurs ennemis : de$orte qu'un nommé Pazzi qui e$toit le chef de lafaction Gibeline, ne pouvant plus souffrir leurpui$$ance, conjura contre ces deux freres Laurens& Julien.Il sçavoit que le Pape Sixte IV. estoit leurennemi, parce que Laurens s'eſtant toûjours op-po$é aux de$$eins que les Papes avoient $ur l'E$tatde Florence, avoit encore depuis peu pre$té de l'ar-gent sous-main au Seigneur d'Imola, pour em-peſcher qu'il ne vendiſt cette ville à Sixte. AinſiPazzi, pour mieux autori$er $on de$$ein, le décou-vrit au Pape, auquel il fit entendre que les Flo-rentins luy $eroient fort obligez, $i par $on moyenils pouvoient estre delivrez de la tyrannie desMedicis ; & que pourveû que Sa Sainteté voulu$tle favoriser de sa protection, & approuver la con-juration formée contre eux, il promettoit de luylivrer dans peu la ville de Florence.Le Pape écouta volontiers cette proposition :mais ne voulant pas qu'on crust qu'il eust pres-té l'oreille à un si lasche attentat, il donna secre-tement la conduite de toute cette affaire à Jero$-me de la Roûere ſon parent.Les chefs de la conspiration estoient, Frodes-que Salviati Archevesque de Pise, & ancien en-nemi des Medicis, Francesque Pazzi, & un Pog-gio, fils de ce Poggio célebre Orateur; leſquelsappuyez du Cardinal Raphaël de la Roûere, quialla exprés de Pi$e à Florence pour les encourager