ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 141les Peintres dont j'ay parlé jusqu'à present, il n'y frereJEAN AN-en pas un qui ait eû l'u$age de peindre à huile,GELIC.& que tous leurs tableaux eſtoient à fraiſque ouà détrempe. Ce n'est pas qu'ils ne connussent bienqu'il manquoit quelque choſe à la perfection decét art, & que leur maniere de peindre e$toit tres-imparfaite & tres-incommode, parce qu'ils ne pou-voient pas tran$porter leurs ouvrages, ni les net-toyer sans se metrre au hasard de les gaster. Ce-pendant ils n'avoient pû encore y trouver de re-mede, bien que plu$ieurs d'entre eux eu$$ent em-ployé beaucoup de temps à en faire la recherche :lors qu'en Flandre un Peintre qui estoit en assezgrande réputation en ce païs-là, & qui $e plai$oitdans les $ecrets de la Chymie, reconnoi$$ant au$$i-bien que les autres l'incommodité qu'il y avoitde travailler à détrempe, s'apperceût, aprés plu-sieurs essais & diverses experiences, qu'en broyantles couleurs avec de l'huile de noix ou de lin, ils'en faisoit une peinture solide, qui non seule-ment résistoit à l'eau, mais encore qui conservoitune vivacité & un lu$tre qui n'avoit pas be$oinde vernis. Il vit de plus, que le mélange & lesteintes des couleurs $e fai$ant bien mieux avec del'huile qu'autrement, les tableaux avoient beau-coup plus d'union, plus de force & plus de dou-ceur.Comme il fut extrémement joyeux d'avoir faitune découverte $i utile & $i avantageu$e, il ache-va plu$ieurs ouvrages dans cette nouvelle manie-S iij
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