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Tom. 1 (1685)
Entstehung
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139
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ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 135Comme il n'y a rien de plus dangereux à une FrereJEAN AS-ame qui abandonne toutes les choses de la terreGELIC.pour ne pen$er qu'aux cho$es du Ciel, que la pa-reſſe & l'oiſiveté ; & que les ſaints Peres ne recom-mandent rien tant aux per$onnes retirées du mon-de, que de s'occuper par le travail de leurs mains :ce bon Frere avoit choisi cét exercice comme leplus conforme à ses inclinations. Et il l'aimoitd'autant plus, qu'en y employant quelques heuresdu jour, il trouvoit de quoy s'entretenir dans deſaintes penſées ; ſes ouvrages meſme luy fourniſ-sant des sujets pour élever son esprit à Dieu dansla ſpeculation qu'il faiſoit des beautez de la na-ture, & des miracles de l'art.Car Frere Jean e$toit un veritable Religieux.qui détaché entierement des soins & de l'embar-ras du monde, $e renfermoit tout en luy-me$me,& ne pensoit en aucune maniere aux choses dusiecle.Il obſervoit ſi exactement ſa Regle, & vivoitdans une $i grande $implicité, qu'un jour le Papel'ayant arresté à disner avec luy, il fit difficultéde manger de la viande, parce qu'il n'en avoitpas la permission de son Superieur, ne faisant pasréflexion $ur l'autorité de celuy qui le traitait.Il évitoit toutes les actions qui regardoient lesaffaires temporelles, hors celles ou il pouvoitservir les pauvres dans leur necessité. Apres avoirsatisfait a tous les devoirs ausquels sa Regle l'o-bligeoit, il s'occupoit à peindre ; & dans un di-S ij