124 II. ENTRETIEN SUR LES VIESGIOTTINO. dessein : toute la Ville fut en armes ; le peuple se$ai$it des places, des portes & des lieux les plusavantageux ; & tout bouïllant de cette fureur or-dinaire aux premiers mouvemens d'une populaceéchauffée, il environna le Palais pour $e $ai$ir duDuc, & pour tirer des prisons Antonio de gliAdimari. L'on n'entend par tout qu'un bruit con-fus de voix & de cris ; & ces peuples tran$portezde rage contre le Duc, ne le menacent pas moinsque de le mettre en pieces, & de le manger toutvivant, luy qu'un peu auparavant ils avoient re-ceû chez eux avec tant d'acclamations, & élevéavec tant d'honneur à la souveraine dignité deleur Estat.Au commencement de cette rumeur, ceux duPalais se mirent en estat de se défendre, & il sefit entre eux & le parti du peuple de rudes e$car-mouches qui durerent ju$qu'à la nuit, où il de-meura de part & d'autre quantité de gens $ur laplace.Comme le Duc vit que ſes affaires n'alloientpas bien, & que le parti du peuple grossissoittoûjours : il voulut eſsayer ſi par douceur il pour-roit remedier au mal qui le menaçoit en traitantavec ses principaux ennemis. Mais les choses nesont plus en estat de remedes : ils ne l'écoutentpas, & sont d'autant plus hardis à poursuivre cequ'ils ont commencé, qu'ils $e voyent $econdezd un pui$$ant $ecours, que ceux de Sienne leuravoient envoyé, avec six personnes des plus con-
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