Druckschrift 
Tom. 1 (1685)
Entstehung
Seite
122
Einzelbild herunterladen
 

II. ENTRETIEN SUR LES VIES122témoigner ouvertement tout ce qu'il sçavoit decette conjuration ; mais qu'il devoit donner or-dre à ſa ſeûreté, & ſe rendre le plus fort dans laVille avant que de rien entreprendre contre sesennemis. Il $e contenta donc de faire citer An-tonio, lequel s'asseurant sur son mérite, sur la fa-veur du peuple, & $ur la grandeur de $a famillecomparut à l'assignation. Les autres se cacherent.& ne voulurent pas paroiſtre.Pendant ce temps- le Duc ſe fortifia dans ſonPalais, écrivit aux Bourgs & aux Villes voi$inespour avoir des troupes ; & il fut si promptementſervi, qu'ayant découvert la conjuration le 18. Juil-let, le 25. du meſme mois il avoit auprés de luyplus de 600. chevaux, & autant de gens de pied,ſans les autres troupes qui luy venoient encored'ailleurs. De maniere que penſant eſtre en eſtatde faire tout ce qu'il voudroit dans Florence, ilordonna à trois cens des principaux de la Ville dese trouver dans son Palais le jour suivant, quiestoit la Feste de Sainte Anne, afin d'aviser aveceux ce qu'il falloit faire $ur le $ujet des pri$on-niers qu on avoit arre$tez. Mais $on intention e$-toit toute autre ; car en les faiſant venir chez luy,il prétendoit s'en ſaiſir, & ſe rendant plus puiſſantqu'auparavant, détruire tous ceux qui par leurnoblesse, par leurs biens, ou par leurs amis luye$toient $u$pects, & pouvoient $ervir d'ob$tacleà ses grands desseins.Il y avoit ſur la liſte de ceux qu'il avoit man-