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Tom. 1 (1685)
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120
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120II. ENTRETIEN SUR LES VIESGIOTTINO penſa qu'il devoit tout de nouveau jetter luy-me$me les fondemens de $a Principauté, & $efaire l'artisan de sa souveraine grandeur ; & quepour cela il pouvoit $e $ervir de toutes les cho$espropres à parvenir à une $i haute entrepri$e. Maiscomme il e$t tres-difficile qu'un Seigneur étran-ger, & qui ne fait, pour ain$i dire, que de nai$trepui$$e e$tre également agreable à tout un peu-ple, parce qu'il ne luy e$t pas ai$é d'obliger ega-lement tout le monde, & que ne pouvant $atis-faire tous ceux qui a$pirent aux charges, ni ré-compenſet d'ailleurs ceux qui en ſortent, il ſetrouve toûjours que le parti des mal contens e$tbeaucoup plus grand que celuy de ceux qui $ontsatisfaits : ainsi le Duc d'Athenes ne fut pas long-temps Seigneur de Florence, qu'il $e vit pre$queautant d'ennemis $ur les bras qu'il y avoit d'ha-bitans dans la ville. Les Grands ne manquoientpas de faire remarquer tous ses defauts ; & com-me sa conduite & ses mœurs n'estoient pas exem-ptes de bla$me, ils découvroient au peuple le malqu'il faisoit, & imputoient à son mauvais gou-vernement tous les desordres qui arrivoient dansl'Estat.Le Duc qui n'ignoroit pas les mécontentemensdes principaux citoyens n'en témoignoit riennéanmoins ; au contraire, il dissimuloit si bientout ce qu'il sçavoit, que pour les persuader eux-meſmes qu'il ne les croyoit pas capables de con-spirer contre luy, il fit publiquement mourir plu-sieurs