GIOITO.BUIFAL-MACCO.
108 I. ENTRETIEN SUR LES VIES, &c.Je ne m'arresteray pas, repris je, à vous fai-re un portrait exact de ce Peintre, dont l'e$pritvif & l'humeur enjoûée a paru en mille rencon-tres par les bons mots & les promptes repartiesque l'on a écrites de luy : car je craindrois devous estre ennuyeux par le recit de plusieurs cho-ses qui n'auroient pas en nostre langue toute lagrace & l'agrément qu'elles ont dans la langueItalienne. Si je voulois me$me vous divertir parles histoires qu'on rapporte de quelques Pein-tres de ce temps-là, je n'aurois qu'à vous parlerde BUONAMICO BUFFALMACCO Florentin,& grand ami de ce Bruno & de ce Calendrin,dont le Bocace a fait de ſi plaiſans contes.Ce BUFFALMACCO estoit disciple d'AndréTaffi. Lors qu'il travailloit à Pise dans l'Abbayede Saint Paul, Bruno qui peignoit au$$i dans leme$me lieu, ne pouvant donner à $es $igures niun coloris a$$ez vif, ni une expre$$ion a$$ez forteconsulta là-dessus Buffalmacco pour en tirer quel-que $ecours. Mais celuy-cy qui naturellemente$toit enclin à faire quelque bon tour, $e $ouve-nant d'avoir veû des figures peintes par Cima-bué, de la bouche desquelles sortoient des rou-leaux où il y avoit des paroles écrites, aprésavoir enseigné à Bruno la maniere de donnerplus de beauté à son coloris, il luy conseilla,pour donner au$$i une plus forte expre$$ion à $esfigures, & faire qu'elles semblaſſent parler lesunes aux autres, de faire sortir de leur bouche