II. ENTRETIEN SUR LES VIES92ce païs-là, il y demeura encore une $emence dedivision, qui de tous ses voisins luy fit autantd'ennemis.Lors que la peinture commença de renai$tre,l'Italie estoit encore dans ces calamitez. Car enl'an 1239. ceux de Milan & plusieurs villes de laToscane & de la Pouïlle s'estant soulevées à laſuſcitation du Pape Gregoire IX. contre l'Empe-reur Frederic II. sous un specieux prétexte de li-berté ; & me$me des Eve$ques luy manquant defoy, & s'estant emparez de quelques villes del'Empire : Frederic irrité contre eux mit en peude temps $ur mer & $ur terre deux grandes ar-mées. Il donna le commandement de celle demer à son fils Laurens qu'il avoit declaré Roy deSardaigne ; & avec celle de terre, il entra luy-mesme dans l'Italie. Le Milanois sentit les pre-miers effets de sa colere : il désola toute la cam-pagne ; & son armée grossissant de jour à autre,par le $ecours de plu$ieurs Seigneurs voi$ins quiestoient jaloux de la puissance du Pape, il ruinatoutes les villes qui luy voulurent réſiſter.Gregoire voyant les affaires de l'Empereur réüſ-sir si avantageusement, se servit des censures Ec-clesiastiques. Il l'excommunia pour la troisiémefois, & le bannit de l'Italie comme un hérétique.Mais parce qu'il vit bien que ces $ortes d'armesn'e$toient pas $eules capables d'empe$cher $es pro-grés, il eût recours aux Venitiens; & pour opte-nir leur aſſiſtance, & les engager à prendre ſes in-
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