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Tom. 1 (1685)
Entstehung
Seite
82
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II. ENTRETIEN SUR LES VIES82tenir agreablement. Car demeurant d'accord quela Peinture s'e$toit mi$e en e$time par l'avantagequ'elle a de $i bien repre$enter les per$onnes ab-sentes, qu'elle tient lieu d'une chose réelle : jedis à Pymandre qu'elle avoit pourtant aquis saprincipale réputation de ce qu'on n'a point trou- de plus beau moyen pour récompenser les ver-tus des grands hommes, & pour rendre leur nomimmortel, qu'en lai$$ant leur image à la po$terité.Ceux d'Athenes, luy dis-je, ne dresserent unestatue à Esope qui n'estoit qu'un esclave, qu'afind'apprendre à toutes $ortes de per$onnes que lechemin de la gloire leur e$t ouvert, & que l'onne rend pas honneur ni à la noble$$e ni à la nai$-sance illustre des hommes extraordinaires, maisà leur vertu & à leur merite. Car ce ne fut paspour avoir seulement le portrait de cét escla-ve, qui estant tres-laid de visage & tres-contre-fait de corps, n'estoit pas un sujet qui meritastd'eſtre regardé.Pymandre, en m'interrompant, repartit à cela.qu'en élevant par des tableaux & des ſtatuesdes monumens à la memoire des grands per$on-nages, l'on expo$oit au$$i leurs images aux yeuxde tout le monde qui est bien-ai$e de les voir,quand me$me ils $eroient difformes. Ain$i Ale-xandre, me dît-il, ayant fait dresser des statuesà ces vaillans hommes qui perirent dans son ar-mée au pa$$age du Granique, lai$$oit à leurs en-fans la ressemblance de leurs peres en mesme