I. ENTRETIEN SUR LES VIES74CIESIDES. poſé aux yeux de tous, & laiſſer ainſi ſubſiſter lesmarques de l'affront qui luy e$toit fait, que debruſler une Peinture ſi parfaite.C'e$t, dit Pymandre en $oûriant, que la plu$-part des femmes aiment $i fort à paroi$tre bellesqu'elles pardonnent volontiers toutes les autresinjures, pourveû qu'on les flate en cela ; & je m'a$-seûre que de l'humeur dont estoit cette Reine, lePeintre l'auroit davantage offen$ée en la peignantlaide, qu'en la peignant de la maniere qu'il fit.Du temps de Jules Cesar, poursuivis-je, il yTHIMOMA eût à Rome un THIMOMACHUS de BizanceCHUS.qui fit pluſieurs tableaux pour cét Empereur, &entre autres un Ajax & une Medée, dont il luyſit payer quatre-vingts talens.Un autre Peintre nommé LUDIUS fut enLudrus.grand credit sous Auguste. Il excelloit principa-lement en grandes imaginations ; & ce fut luyqui le premier commença de peindre dans les ruësde Rome contre les murailles, y feignant de l'Ar-chitecture & toutes ſortes de païſages.Je ne m'arreste pas à vous déduire par le menuune infinité d'autres Peintres qui ont esté en esti-me, & qui ont eû a$$ez de merite pour lai$$er leurnom à la posterité. Entre ceux-la plusieurs ontfait de grands ouvrages, & plu$ieurs au$$i $e $ontPIRRI-arre$tez à travailler en petit. PIRRICHUS e$tCHUS.l'un de ceux qui a e$té le plus fameux, quoy-qu'ilne s'arrestast qu'à faire de petites choses, & à trai-ter des ſujets fort mediocres, comme à repreſen-
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