208 ENTRETIENS SUR LES VIESLE GUIDE. la plus forte, lorsqu'il imitoit Louïs Cara-che son maistre ; la seconde plus agréable ;& la troisiéme fort negligée, par les raisonsque je vous ay marquées de ſa paſſion pourle jeu. Ainsi il paroist souvent dans ses ou-vrages fort différent de luy-meſme.Si autrefois en parlant de l'éloquence desGrecs, on a dit que la grace & la persuasionreposoient sur les levres de Periclés ; & queses discours estoient des éclairs & des fou-dres ; on auroit bien pu dire aussi au sujetde la Peinture, & des Eléves des Caraches,que la beauté & la grace sembloient estreau bout des doigts du Guide, lorsqu'il travail-loit ; & qu'elles en partoient pour se reposersur les figures qu'il animoit par son pinceau.Mais ſi l'on vouloit achever la comparaiſon,on ne trouveroit pas dans les tableaux qu'ila faits, de quoy convenir à ces foudres & àces éclairs, qui partoient de la bouche de cegrand Orateur. Si quelqu'un des disciplesd'Annibal a fait paroitre dans sa maniére depeindre quelque choſe de fort & de terrible,ça esté Lanfranc. Car on peut dire que dansles grands ouvrages de Peinture, le Guide& luy ont partagé ce qui regarde la beauté& la force du pinceau ; c'est-à-dire, deuxgrandes
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