LE DOMISNIQUIN
182 ENTRETIENS SUR LES VIESler avec une si grande exactitude, mais s'ac-commoder au gou$t des autres, plûto$t quede vouloir se contenter luy-mesme : C'estpour moy seul, luy dit-il, & pour la perfe-ction de l'Art que je travaille. Aussi sça-voit-il bien, que toute l'excellence d'un ou-vrage consiste en ce qu'il soit égalementachevé dans toutes ses parties, & qu'onconnoisse que l'ouvrier a apporté tous sessoins à le perfectionner, & y a mis, commel'on dit, la derniére main. C'est pour cela,qu'il ne pouvoit souffrir que les jeunes étu-dians ne fi$$ent que de simples e$qui$$es, lor$-qu'ils de$$eignoient, & qu'en peignant ils $econtentaſſent de marquer les choſes par descoups de pinceau qui ne fussent point termi-nez. Quand il e$toit avec eux, il ne leur par-loit jamais que de cho$es utiles & nece$$airesà leur profession. Il leur disoit souvent qu'ilne doit sortir de la main d'un Peintre aucuntrait ny aucune ligne, qu'elle n'ait esté for-mée dans son esprit auparavant ; Qu'ils de-voient se souvenir, quand ils considéroientquelque objet, de ne le regarder pas une ſeulefois, mais d'y faire une longue attention;parce que c'est l'esprit, & non pas l'œil, quijuge bien de la rai$on des cho$es. Au$$i ayant
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