ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 183que de $e mettre au travail, & de prendre le LE DOHI-NIQUIN.pinceau, il avoit accoûtumé, comme je vousay déja dit, de penſer long-temps à ce qu'ilvouloit faire. Il demeuroit quelquefois re-tiré $eul la plus grande partie du jour à mé-diter $ur un $ujet ; & lor$qu'il en avoit arré-té en luy-meſme l'invention & la diſpoſition,il paroissoit content, & se réjouïssoit com-me s'il eût déja exécuté la principale partiede son travail.Il ne pouvoit comprendre qu'il y eût desPeintres qui travailla$$ent à des ouvragesconsidérables, avec si peu d'application, quependant leur travail ils ne lai$$a$$ent pas des'entretenir avec leurs amis. Il les regardoitcomme des ouvriers qui n'avoient que lapratique, & nulle intelligence de l'Art ;estant persuadé qu'un Peintre, pour bienréüssir, doit entrer dans une parfaite con-noissance des affections de l'esprit & despassions de l'ame ; qu'il doit les sentir enluy-mesme, & s'il faut ainsi dire, faire lesmeſmes actions, & ſouffrir les meſines mou-vemens qu'il veut représenter : ce qui ne sepeut au milieu des di$tractions. Au$$i on l'en-tendoit quelquefois parler en travaillant,avec une voix langui$$ante & pleine de dou-
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