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LE DOMINIQUIN.

164 ENTRETIENS SUR LES VIESReggio & à Parme ; & en$uite l'Albane e$tantà Rome, il luy écrivit de s'y rendre. Commedans ce me$me temps on envoya à Louïs Ca-rache quelques de$$eins d'aprés les ouvragesde Raphaël, le Dominiquin fut si touché desbeautez qu'il y vit, que cela augmenta encorel'impatience qu'il avoit d'aller a Rome. Il yalla enfin, & y fut agréablement reçu de l'Al-bane, qui le logea chez luy pendant deuxans.Il frequentoit l'Ecole d'Annibal Carache,qui peignoit alors la Gallerie Farnése : &comme de jour en jour il fai$oit connoi$trece qu'il $çavoit, Annibal luy fit peindre quel-ques-uns de ses cartons ; & dans la loge dujardin qui est du costé du Tibre, il représentade son invention la mort d'Adonis, & com-me Venus se jette à bas de son char pourle $ecourir. Depuis qu'il eut fini cét ouvra-ge, il parut toûjours plus $çavant dans l'in-vention des $ujets, dans la beauté des pen$ées,& dans l'expression des passions. Il est vrayaussi que dans ce tableau où il représentaAdonis tué par le ſanglier qu'il avoit pour-suivi, on voit sur le visage de Venus une su-bite émotion de douleur si bien exprimée, &toutes les actions des petits Amours qui l'ac-