ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 163extraordinaire à ceux qui ne l'auroient pasconnu, & me$me auroit pu faire juger au$$idesavantageusement de luy, que Quintilienfait de ceux, qui dans leurs ouvrages ne $e$atisfont jamais, & qui pour vouloir trop bienfaire ne peuvent $e déterminer, ny rien met-tre a exécution. Car lorsqu'il vouloit com-mencer quelque tableau, il ne $e mettoit pasd'abord ny à desseigner, ny à peindre ; ildemeuroit long-temps a méditer sur ce qu'ildevoit faire : ce qui auroit fait juger qu'ilestoit sterile en pensées, & irrésolu sur lechoix de son sujet ; si ensuite on n'avoit bienconnu le contraire dans l'exécution de sestableaux : aussi quand une fois il avoit donnéles premiers coups de pinceau, il demeu-roit tellement attaché au travail, que de luy-mesme il ne l'auroit jamais quitté, ny pouiprendre ses repas, ny pour toute autre affai-re, si on ne l'en avoit tiré comme par force.Et cette conduite luy devint $i naturelle, qu'ill'a tenuë pendant toute ſa vie.Lorsqu'il fut dans un âge un peu avancé,il fit amitié avec l'Albane qui estoit plus âgéque luy. Il le voyoit souvent, & conféroientensemble sur le sujet de ses études, & des ta-bleaux qu'il faisoit. Ils allérent tous deux àX ij
LE DOMI-NIQUIN.