JOSEPHPIN.LUDOVICOLEONE PA-DOUANO-
312 ENTRETIENS SUR LES VIESges de tout le peuple, on ne luy eust pasosté aprés sa mort un bien qu'on luy auroitdonné librement pendant ſa vie ; mais commeil l'avoit usurpé, il ne faut pas s'estonner si onne l'a pas toujours laissé jouïr de ce qui ne luyapartenoit pas.Il s'eſt trouvé encore aſſez d'autres Peintres,repartis-je, qui emportez d'une passion im-moderée, & qui comme Joseph Pin, aspiransà la gloire avec trop de precipitation, ſe ſontperdus par leur vanité. Mais l'on ne doit pasmettre au nombre de ceux-là LE PADOüAN quivivoit encore alors. Il faisoit fort bien des por-traits, & gravoit $ur l'acier pour faire des Me-dailles. Quoy qu'il fuſt beaucoup eſtimé à cau-se de l'excellence de son travail ; il l'estoit enco-re davantage pour ſa vertu & pour ſes bonnesmœurs. Bien loin de s'eſlever au deſſus des au-tres, & de ſe remplir l'eſprit de penſées ambitieu-ses, il ne songeoit, parmy ses occupations ordi-naires, qu'à vivre dans la moderation, & me$meavec beaucoup de pieté. Il avoit toujours dansl'esprit qu'il faloit quitter cette vie, & pourmieux penſer à la mort, il avoit fait faire un cer-cueil qu'il tenoit ſous ſon lit, & qu'il regar-doit souvent comme sa derniere demeure. Ilve$cut dans ces pieux $entimens ju$qu'à l'âgede