ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 227e$tats d'une douleur & d'une tri$te$$e extreme.Celles qui tiennent leurs enfans encore vivans,tachent de fuir, & de se sauver : Et cellesqui les voyent maſſacrez, s'abandonnent à ladouleur, ou n'ont de force que pour montrerdes effets de leur desespoir, en s'arrachant lescheveux, & se jettant sur les corps de ces pau-vres innocens.Mais lors que nous ſommes éloignez de l'ob-jet qui cause nostre affliction, & qu'il ne nousreſte nulle ſorte d'eſperance, nous demeuronscomme stupides, & nous nous donnons enproye à nos maux.Il n'eſt pas beſoin de remarquer icy tous lestourmens que cette passion cause à l'esprit, &toutes les gênes qu'elle luy fait souffrir ; Nousdevons ſeulement conſiderer les effets qu'elleproduit sur le corps. Une des plus ordinairesmarques de la Tri$te$$e, e$t un abatement, & unepâleur $ur le vi$age, & dans tous les membres,d'autant que c'eſt une paſſion maligne, froide &seche, qui espuise l'humeur radicale, & qui ene$teignant peu à peu la chaleur naturelle, pou$$eson venin jusques au cœur qu'elle flestrit, &dont elle conſomme les forces par ſa mauvaiſeinfluence. Il me souvient que l'Arioste repre-sente assez bien les changemens que cette pas-Ff ij
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