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3 (1684)
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ET LES OUVRAGES DES PEINTRES.avoit representé la Reyne de Saba vestuëd'un corps vert avec des basques tout autour,une juppe violette gallonnée d'un veloutébrun qui ne luy alloit qu'à my-jambe, & la-quelle en cet e$tat e$toit conduite par deuxEscuyers vestus de gregues à la Suisse pour allersalüer Salomon.Et bien, repris-je, il ne seroit pas moins ri-dicule de peindre les François ve$tus commeeſtoient les anciens Romains, qu'il eſt extrava-gant à un Peintre de traitter de la $orte de $em-blables ſujets ; Parceque ſi nous ſommes bienaises de voir les personnes representées de lamaniere qu'elles e$toient anciennement, & quecela contribuë à les faire connoi$tre, nous de-vons penſer que ceux qui viendront aprés nousauront le mesme plaisir de voir les habits quenous portons, qui serviront à marquer lestemps, & à nous distinguer des autres nations.Il ne faut pas s'arreſter à ce qu'on peut diredu changement & de la biſarrerie de nos mo-des. Si les habits qu'il n'y a gueres qu'on aquittez paroiſſent ridicules ; Ceux qu'il y aplus long-temps qu'on a laiſſez deviennent enquelque sorte venerables. On en portoit enFrance sous François I. & Henry II. de plusestranges qu'on ne faisoit il y a trente ans.