152 ENTRETIENS SUR LES VIES$i l'e$tude que vous faites $eroit inutile, & pa-roistroit peu, s'il falloit toujours couvrir vosfigures d'habits tels que nous les portons, & neprendre aucune licence pour faire paroi$trele nud. Je répondray à cela que vous aveztoujours la liberté de choisir des sujets aus-quels les anciens veſtemens ſeront convena-bles. Car l'on ne pretend point toucher à cequi regarde la fable, l'allegorie & beaucoupd'histoires Grecques & Romaines, qu'il estmeſme neceſſaire d'accommoder ſelon l'uſagede leur temps, & de la sorte que les anciensnous ont marqué eux-mesmes qu'ils s'habil-loient. Mais pensez-vous que ce fust une bel-le chose de voir aujourd'huy nos batailles &nos combats figurez de la meſme maniere queceux d'Alexandre ou de Cesar, & que l'onpuiſſe vray-ſemblablement repreſenter le Roy& ses Generaux vestus & armez à la Grecqueou à la Romaine.Il seroit aſſeurement, interrompit Pyman-dre, aussi difficile de les reconnoistre, qu'ilſeroit mal-aiſé de remarquer Ceſar & Alexan-dre ſi on les avoit peints dans un tableau ve-stus à la Françoise ou à l'Espagnole. Aussi mesouvient-il que nous trouvions un jour fort àredire en voyant le tableau d'un Peintre, qui
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