ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 155de là il voyoit tout l'ordre du ſervice, & com-mandoit plus commodement à ses gens quandil falloit changer de table. Car dans les grandsfestins ils ne levoient pas simplement les plats,mais on apportoit d'autres tables chargées denouveaux mets. Comme les places qui eſtoientau dessous de luy estoient destinées pour safemme & le reſte de ſa famille, celles d'audeſ-sus estoient reservées pour les conviez, aveclesquels il pouvoit s'entretenir: Il y avoit mes-me entre ſon lieu & celuy qui eſtoit à coſté uneſpace vuide, afin de pouvoir parler plus aiſé-ment aux perſonnes qui avoient affaire à luy.Celuy des Peintres, dis-je alors, qui a faitune étude plus exacte de ces accommodemensantiques, a esté, comme vous sçavez, M. Pous-sin ; Vous pouvez voir dans un des tableauxde M. de Chanteloup de quelle sorte il a bienobſervé cette maniere ancienne de ſe mettre àtable. Quant à Paul Veronese il ne faut paschercher dans ses ouvrages toutes ces diver-ses convenances. Aussi quand je parle deschoſes qu'il a peintes d'une maniere ſi vraye &si noble, je ne les considere que dans ce qui re-garde la couleur & l'art de les bien repreſen-ter, & non point par rapport à l'histoire & àj'usage des temps. Car comme je vous ay dit
PAUL VE-RONESE.