ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 21des couleurs, & ce n'eſt que par analogie qu onla nomme ainsi ; parce que la vraye Perspecti-ve pratique n'e$t que des figures dont la gran-deur diminuë ſelon l'éloignement, & ſe repre-sente par des lignes que l'on tire : au lieu quela diminution des couleurs ne va que dans leplus ou le moins de la lumiere, dont l'on nepeut donner de regles. Il faut seulementcomprendre que cette Perſpective conſideréeen particulier, n'est autre chose que la dimi-nution des couleurs qui se fait par l'interpo$i-tion de l'air qui eſt entre l'objet & noſtre œil.Pour la bien pratiquer on doit prendre gardequ'encore que l'air $oit un corps diaphane,au travers duquel la lumiere du Soleil pa$$eavant que de se répandie sur les autres corps,on ne peut con$iderer les effets de la lumieredu Soleil, ſans concevoir l'impreſſion qu'ellereçoit en passant au travers de l'air, qui estsusceptible de plusieurs changemens, estantplus épais dans des temps & dans des lieuxqu'en d'autres. C'est pourquoy si vous trouvezà propos que nous en diſions quelque choſe,nous obſerverons d'abord ce que fait l'air ſurles corps, ſelon qu'ils ſont plus ou moins éloi-gnez de nous ; & en suite nous pourrons par-ler des ombre & des lumieres, & de ce qu'el-C iij
DE LAPERSPE-CTIVE AE-RIENNE.