20 ENTRETIENS SUR LES VIESmais d'en bien tracer les contours ; les fairefuir, & par le moyen de ces affoiblissemens,faire en $orte qu'il ſemble qu'on aille voir d'u-ne figure ce qui e$t caché ; c'e$t en quoy con-siste la perfection de l'art, & ce qui ne s'ap-prend pas ſans beaucoup de peine.C'eſt auſſi ce qui donne du relief aux corps,& qui dépend non ſeulement de l'affoibliſſement des couleurs, mais encore de celuy deslumieres & des ombres. Les Anciens avoientraison de pri$er cette partie, parce qu'il fautbeaucoup de connoissance pour la posseder.Si vous me demandez quels moyens les Pein-tres peuvent avoir pour l'acquerir, je vousdiray que je n'en voy point de plus propre queles continuelles obſervations des differens ef-fets de la lumiere & de l'ombre, qu'ils peu-vent faire ſur le naturel ; & en ſuitte d'imiterces effets dans leurs tableaux par le moyen descouleurs & des teintes qu'il faut fortifier ouaffoiblir ſelon qu'ils le jugeront neceſſaire.N'eſt-ce pas, dit Pymandre ce que vous ap-pellez la Perspective aërienne.Il ne faut pas douter, repartis-je, que celan'en dépende : Cependant je vous diray, quec'est improprement que l'on appelle Perspe-ctive aërienne ce qui regarde la diminution
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