ET LES OUVRAGES DES PEINTRES.Il eſt vray, repris-je qu'un ſçavant hommepeut donner à ses figures par le beau choix dela forme, & l'intelligence des couleurs, plus debeauté & de grace que l'on n'en voit d'ordi-naire dans les belles perſonnes, parce que quel-ques belles qu'elles soient, elles ne seront ja-mais ſi accomplies que le peut eſtre une figured'un excellent Peintre. Neanmoins quelqueeffort que puiſſe faire ce ſçavant homme, iln'y aura point dans ſes Tableaux tant de reliefqu'on en voit dans le naturel, à cauſe que laforce des couleurs est limitée, & ne peutfaire paroi$tre à la veuë une rondeur pareilleà celle que l'on voit dans la Nature.Je voudrois bien, interrompit Pymandre,que vous vouluſſiez m'en dire la raiſon.C'est premierement, luy répondis-je, queles Peintres n'ont qu'un blanc & un noirpour la lumiere & les ombres ; & ce blanc& ce noir ne peuvent point imiter parfaite-ment la Nature, parceque le blanc quelqueblanc qu'il soit n'a point assez d'éclat pourrepresenter les corps lumineux & le bril-lant des corps luiſans ; & le noir, quelque noirqu'il $oit, ne peut imiter qu'imparfaitementles ombres, qui dans la Nature sont des priva-tions de lumiere. Car les noirs d'un TableauA iii
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3 (1684)
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