Reflexions critiques450qu'on n'ait jamais vu la nature dans lescirconstances où ces symhonies préten-dent la copier. Ainſi, bien que ces ſym-phonies $oient en un certain $ens inven-tées à plaisir, elles aident beaucoup néan-moins à rendre le spectacle touchant, &l'action pathétique. Par exemple, lesaccens funebres de la symphonie queMonsieur de Lulli a placé dans la Scenede l'Opera (a) d'Amadis, où l'Ombred'Ardan ſort du tombeau, font autantd'impression sur notre oreille, que le spe-ctacle & la déclamation en font sur nosyeux. Notre imagination attaquée enmême tems par l'organe de la vûë & parl'organe de l'oüie, est beaucoup plusémuë de l'apparition de l'Ombre, que sinos yeux seuls étoient séduits. La sym-phonie par laquelle Monsieur des Tou-ches fait précéder l'Oracle que rendentles chênes de Dodone, produit un effetsemblable. (b) Le frémissement du feuil-lage de ces arbres qu'elle imite par sonchant, par ſon harmonie & par ſon rith-me, dispose à trouver de la vraisemblan-ce dans la supposition qui va leur prêterla parole. Il paroît croyable qu'un bruitapprochant de celui de cette sym-phonie ait précédé, qu'il ait préparé les(a) Act. 3. (b) Dans l'Opera d'Isse.
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