sur la Poësie & sur la Peinture. 403l'oreille, parce que l'oeil n'est pas exposédans cette occaſion à ſe laiſſer ſéduire parson plaisir comme l'oreille. Plus un ou-vrage plaît, moins on est en état de re-connoitre & de compter ses défauts. Orl'ouvrage qu'on entend réciter, plaîtplus que l'ouvrage qu'on lit dans son ca-binet.Aussi voyons-nous que tous les Poëtes,ou par instinct, ou par connoissance deleurs intérêts, arment mieux réciter leursvers que de les donner à lire, même auxpremiers confidens de leurs production.Ils ont raison, s'ils cherchent des loüan-ges plutôt que des conseils utiles.C'étoit par la voie de la récitation queles anciens Poëtes publioient ceux de leursouvrages qui n'étoient pas composez pourle théâtre. On voit par les Satyres deJuvenal, (a) qu'il se formoit à Romedes assemblées nombreuses pour enten-dre réciter les poëmes que leurs Auteursvouloient donner au public. Nous trou-vons même dans les usages de ce tems-làune preuve encore plus forre du plaisirque donne la simple récitation des versqui sont riches en harmonie. Les Ro-mains, qui joignoient souvent d'autresplaisirs au plaisir de la table, faisoient li-(a) Sagr. prim & sept.
Einzelbild herunterladen
verfügbare Breiten