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Premiere Partie (1746)
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402
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402 Réflexions critiquesprit fait par une opération qui n'est paspréméditée, & que nous ne connoissonsmême que par une réflexion qui nous faitretourner, pour ainſi dire, ſur ce qui s'eſtpassé dans nous-mêmes. Telles sont laplûpart des opérations de l'ame dont nousavons parlé, & la plûpart de celles dontnous devons parler encore.La récitation des vers est donc unplaiſir pour nos oreilles, au lieu que leurlecture est un travail pour nos yeux. Enécoutant réciter des vers, nous n'avonspas la peine de lire, & nous ſentons leurcadence & leur harmonie. L'auditeur estplus indulgent que le lecteur, parcequ'il eſt plus flaté par les vers qu'il entend.que l'autre par ceux qu'il lit. N'est-cepas reconnoître que le plaiſir d'entendrela récitation en impose à notre jugement,que de remettre à prononcer sur le mérited'un poëme qui nous a plû, en l'enten-dant réciter jusques à la lecture quenous en voulons faire, comme on dit;l'œil sur le papier ? Il faut, disons-nousne point compromettre son jugement, &souvent la récitation en impose. L'expé-rience que nous avons de nos propressens, nous enseigne donc que l'œil est uncenseur plus sévere, qu'il est pour unpoëme un scrutateur bien plus subtil que

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