Réflexions critiques328Les Romains étoient tellement éprisde l'effet que le rithme produisoit, queleurs Ecrivains en prose s'y attacherentavec tant d'affection, qu'ils en vinrentpar degrez jusques à sacrifier le sens &l'énergie du discours au nombre & à lacadence des phrases. Cicéron ditque de ſon tems la proſe avoit déja ſa ca-cence me$urée comme les vers. La dif-férence essentielle qui étoit entre la pro-se & les vers, ne venoit plus de ce queles vers fussent astraints à une certainemesure, quand la prose en étoit affran-chie; mais de ce que le métre de la proseétoit différent du métre des vers. L'an-cienne définition de ſoluta & de ſtrictaoratio ne constituoit plus cette différence.Nam etiam Poetae questionem attuleruntquidnam esset illud quo ipsi differrent ab Ora-toribus. Numero videbantur antea maximè& versu. Nunc apud Oratores jam ipse nu-merus increbuit. Cicéron traite ensuitedes pieds comme d'une connoissance aussinécessaire aux Orateurs qu'aux Poetesmêmes.Quintilien qui écrivoit environ un ſiécle après Cicéron, parle de certains Pro-sateurs de son tems, qui pensoient avoirégalé les plus grands Orateurs, lorsqu'ils(a). In Oratore.
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