sur la Poësie & sur la Peinture. 327L'art d'employer à propos les syllabeslongues & les syllabes breves, art que lesAnciens avoient tant cultivé, sert encoreà une infinité d'autres vûës. Pour en direun mot en passant, on remarque que Ci-céron (a) n'o$ant pas mettre en œuvre desfigures fréquentes dans le récit du suppli-ce indigne d'un citoyen Romain, queVerres avoit fait battre de verges, & celapar la crainte de se rendre suspect de dé-clamation, trouve un ressource dans lacomplaisance de sa langue, pour arrêternéanmoins durant longtems son Auditeursur l'image de ce supplice. L'atrocité dufait étoit $i grande qu'il $uffi$oit que l'Au-diteur s'y arrêtât. Il devoit suppléer lesfigures de lui-même. C'est l'effet que produit la lenteur avec laquelle $e prononcentles expressions simples & en apparence sansart, que Cicéron répete pour parler del'action contre laquelle il veut souleverl'imagination de l'Auditeur. Cœdebaturvirgis civis Romanus. On reconnoît l'artdans les différentes répétitions de ces motsqu'il varie pour déguiser l'affectation.Mais revenons à l'usage de mettre en œu-vre la combinaison des syllabes breves && des syllabes longues, pour rendre lesphrases nombreuses & cadencées.(4) In Verr. ad. 5.
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