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Premiere Partie (1746)
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302
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302 Réflexions critiquesqu'ils parloient auparavant avec cellequi entré dans la compo$ition de la nou-velle langue, enfin le génie qui présideà sa naissance, sont cause qu'on altere laprononciation de la plûpart des motsimitatifs. Ils perdent ainsi l'énergie queleur donnoit le rapport naturel de leurson avec la chose dont ils étoient les si-gnes instituez. Voilà d'où vient l'avan-tage des langues meres sur les languesdérivées. Voilà pourquoi, par exem-ple, ceux qui sçavent l'Hébreu, sontcharmez de l'énergie des mots de cettelangue.Or quoique la langue Latine soit elle-même une langue dérivée du Grec & duToscan, néanmoins elle est une languemere à l'égard du François. La plûpartdes mots François viennent du Latin.Ainsi quoique les mots Latins soient moinsénergiques que ceux des languès dont ilssont dérivez, ils doivent encore l'êtreplus que les mots François. D'ailleurs legénie de notre langue est très-timide, &rarement il o$e entreprendre de rien fairecontre les regles, pour atteindre à desbeautez où il arriveroit quelquefois, s'ilétoit moins scrupuleux.Nous voyons donc que plusieurs motsqui sont encore des mots imitatifs en

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