sur la Poësie & sur la Peinture. 301Il s'ensuit donc que les mots, qui dansleur prononciation imitent le bruit qu'ilssignifient, ou le bruit que nous ferionsnaturellement pour exprimer la chosedont ils sont un signe institué, ou qui ontquelque autre rapport avec la chose signi-fiée, sont plus énergiques que les motsqui n'ont d'autre rapport avec la chosesignifiée que celui que l'usage y a mis.Un mot qui a naturellement du rapportavec la chose signifiée, en réveille l'idéeplus vivement. Le signe qui tient de lanature même une partie de sa force et desa signification, est plus puissant & agitplus efficacement sur nous, que le signequi doit au hazard ou au caprice de l'in-stituteur, toute son énergie.Les langues qu'on appelle languesmeres, pour n'être pas dérivées d'une au-tre langue, mais pour avoir été forméesdu jargon que s'étoient fait quelqueshommes dont les cabanes se trouvoientvoisines, doivent contenir un plus grandnombre de ces mots imitatifs que les lan-gues dérivées. Quand les langues déri-vées se forment, le hazard, la conditiondes organes de ceux qui les composent,laquelle est différente suivant l'air & latempérature de chaque contrée, la ma-niere dont se sait le mélange de la langue
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