156Réflexions critiquesexemple, ne nous étant pas aussi connuesque celles de France, nous ne sommespas choquez du ridicule de celui qui lesbleſſe, comme nous le ſerions, ſi ce personnage blessoit les bienséances en usagedans notre patrie & dans notre tems.Nous ne serions pas aussi frappez de tousles traits qui peignent l'Avare, que nousle sommes, si Harpagon exerçoit sa lé-zine sur la dépense d'une maison reglée,suivant l'œconomie des maisons d'Ita-lie.Nous reconnoissons toujours les hom-mes dans les Héros des Tragédies, soitque leur scéne soit à Rome, ou à Lacédémone, parce que la Tragédie nous dé-peint les grands vices & les grandes ver-tus. Or les hommes de tous les pays & detous les ſiécles ſont plus ſemblables les unsaux autres dans les grands vices & dans lesgrandes vertus, qu'ils ne le sont dans lescoutumes, dans les usages ordinaires, enun mot dans les vices & les vertus dont laComédie veut faire le portrait. Ainsi lespersonnages de Comédie doivent être taillez, pour ainsi dire, à la mode du payspour qui la Comédie est faite.Plaute & Térence, dira-t'on, ont misla scéne de la plûpart de leurs piécesdans un pays étranger par rapport aux
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